Community manager

Depuis cet été, on parle partout de ce nouveau métier « community manager » et tout le monde (enfin, heu, les 2.0 aficionados) s’excite, enfin, un super métier que voilà. Mais c’est quoi au juste … ben, tout simplement, le plus vieux métier du monde … promouvoir le produit ! N’importe quel produit, la question, n’étant pas là … la dernière lessive qui lave plus blanc que blanc, comme le disait notre cher Coluche, pas de problème, le community manager s’en occupe. Il est cool, il est communautaire, il discute avec le client, super ! Ouah, on en parle sur Facebook, sur Twitter, ouah … Quelle évolution !
C’est certain qu’à l’aube de 2010, c’était vraiment le métier qui nous manquait ! On va révolutionner les entreprises avec ça, mais oui … c’est 2.0 !
Mais il ne vient à l’idée de personne, en ces temps bizarroïdes que nous vivons, qu’il serait peut-être bien de réfléchir aux produits ? Non ?
Vraiment, la dernière crème anti-ride pouêt-pouêt, est d’une si grande importance pour notre avenir ? Vraiment, la dernière voiture haut de gamme, que nous concocte nos chers constructeurs automobiles, bien polluante encore, est indispensable ? Vraiment, toutes les poudres de perlimpinpin vendues dans le monde, ça vous plaît ?

Si oui, bien, continuons, comme ça ! Si, si … C’est parfait !

Mais je peux vous dire que j’avais un autre espoir, avec l’entreprise 2.0, j’espérais des salariés, des patrons et des clients qui réfléchissent ensemble, j’espérais une réelle prise de conscience de la gravité dans laquelle nous sommes et j’espérais que l’on s’accorde du temps à penser aux produits vendus, de quoi avons-nous réellement besoin, en partant de l’être humain avant tout. Nous, sociétés humaines, que pouvons-nous faire ensemble pour un futur soutenable et équitable ? Je sais bien que le nerf de la guerre des entreprises est la rentrée d’argent, mais ce n’est pas antinomique avec un bon produit.

Community manager chez Tartempion pour vendre du jambon reconstitué, et bien, je vous souhaite bon courage ! Si vous réussissez à créer des communautés 2.0, à coup de cadeau, de lien sponsorisé, de buzz autour d’une vidéo hilarante avec le cochon qui rigole, tant mieux pour vous, mais ne comptez pas sur moi !

10 Responses to “Community manager”

  1. moi aussi, je me suis posé la question mais sous l’angle IE… sans véritable cadrage, le community manager va se noyer…

    http://ie-lobbying.net/competitive-business/2009/08/27/ie-et-community-manager/

  2. en voilà une vision bien négative :)

    ces communauté qui certes ont des visées commerciales ont tout de même un avantage: le feedback
    le community manager j’imagine va essayer de les retours et l’image bien sur, mais il est contraint à un service de meilleur qualité qu’avant.
    On ne maîtrise pas les internautes, on essaye mais c’est idiot. Il est plus intelligent de l’écouter et de le satisfaire et selon moi on est condamné à la qualité justement.

    Oserai-je te renvoyer à loic le meur:
    http://www.slideshare.net/loiclemeur/build-a-product-with-your-community

    je suis heureux de voir la vieille pub « lessive » en disgrâce
    http://www.loiclemeur.com/english/2009/08/pr-marketing-and-advertising-suck-now-what.html

  3. dsl manque un mot:
    « le community manager j’imagine va essayer de gérer les retours et l’image bien sur »…

  4. @nblas

    merci, viens de lire ton approche IE, oui, retour de bâton à prévoir pour certains …

    @jcfrog

    voui, mais je ne vois pas vraiment ce que tu veux dire … ;-)

  5. s’agit pas de révolutionner les antres prises, puisqu’elles sont en train de mourir sous leurs beaux airs viciés

    « des salariés et des patrons qui réfléchissent ensemble » : ça fait des décennies que c’est en cours de traversée du miroir qui n’en finit pas (la frontière est mince, pourtant)

    et si on faisait la grève ? je veux dire une vraie grève, pas un truc organisé et encadré par je ne sais quel parti, syndicat ou association qui veut récupérer des voix, des adhésions pour s’ériger en collectif autocratique (oui parce que ça profite toujours à quelque UN ou UNE) déNUé d’autocritique

    juste une grève personnelle, celle sur laquelle on échoue, au bout du rouleau, chauffé par le soleil sur le sable émouvant

    au moins déjà ne finira-ton pas noyé ;-)

    voilà, on y est, sous les palmiers ou à Saint-Trop’, comme vous voulez

    c’est notre plage horaire, une plage de détente

    il n’y personne d’autre que soi

    on s’y sent bien

    on lâche tout, tout désir, toute hâte, toute volonté

    on respire, on éteint ses pensées

    on joue avec le sable, on s’émerveille des oiseaux, des vagues, du vent, des nuages qui défilent comme des souvenirs enfuis

    on retrouve son enfance d’avant les premiers traumas (oui je sais la naissance en est un, paraît-il)

    on revient de loin

    on s’y rejoint on s’y découvre on s’y invente

    peut-être alors est-ce là le trésor

    peut-être alors peut-on envisager de commencer à partager

    tranquillement, justement, joyeusement, gratuitement, généreusement

    et ceux qui rétorqueront que c’est là une belle utopie inefficace montreront simplement qu’ils n’ont plus foi en eux-mêmes, que l’union fait la force mais que cette force-là n’a plus cours aujourd’hui

    écoutons donc la Terre, notre principale alliée, elle a à nous instruire

    elle nous appelle

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_%28homonymie%29

  6. J’ai lu quelques billets de cette « communauté » de managers Français. Je crains de ne pas y avoir encore trouvé une seule idée originale. Ce job concerne essentiellement la stratégie d’entreprise n’est-ce pas ? Convaincre les entreprises de l’utilité de ce job est peut-être le point centrale de cette agitation. Y a-t-il des entreprises 2.0 assez importante pour embaucher un CM en France. Si vous regardez une entreprise 2.0 qui tourne, l’imprimeur Moo par exemple, vous pourrez y voir une communauté à l’oeuvre. Salaire de départ 40 000 £/an. Jeremiah Owyang fait, régulièrement et assez rondement le tour de la question sur son blog.

  7. @desirade

    bonnes questions ! Oui, convaincre les entreprises de s’y mettre … mais sur le même modèle connu et ressassé, ç’est cela que je critique. Community manager pourrait être un beau métier, si seulement, il y avait une réelle réflexion de fond. Je critique juste la superficialité et le non intérêt de se répandre dans les médias sociaux pour faire avaler des couleuvres, faire avaler des produits ou services inutiles. L’entreprise doit se restructurer complètement et ce n’est pas un community manager qui va juste surveiller et faire la réputation de la marque online qui va changer quoi que ce soit !

  8. à moins, à moins … que le consomm’acteur soit moins bête qu’on ne le pense … et là, ça peut être rigolo …

  9. Je vais être moins dur que toi je crois. EN fait à mon avis on ne peut pas distinguer le terme de communitie manager si on ne le met pas en regard avec celui de content manager. Il s’agit de deux réalités interreliées.

    Vu sous cet angle, le CM est celui qui accompagne et qui interrelie les contenus, qu’il s’agisse de documents, d’informations, de connaissances ou qu’ils s’agissent d’expert ou de connaissances (jeu de mot qui résume tout à mon avis). C’est à dire des contenus formels et informels.

    ALors après les marketters ont repris le truc. Mais c’est avant tout la définition d’un métier ancien qui n’avait pas encore de référentiel, qui était fait souvent en plus. Aujourd’hui les marketteurs l’ont repris, mais il y a aussi désormais un référentiel, une existence officielle du métier et cela change tout.

    Je me souviens avoir fait un billet, il y a trois ans en me demandant « mais quel est le nom de ce métier ? » et un contact web actuel m’avait donné plein de titre mais aucun ne correspondait à celui-ci.

    bizz

  10. @jadlat

    mais oui, justement, c’est bien tout le toutim qui est fait autour depuis un certain temps et qui change complètement la donne de ce que c’était au départ qui me fait bondir ! Ok, j’en rajoute sur l’éthique, mais cela me semble indispensable aujourd’hui.
    Un community manager, de toute façon, devrait être quelqu’un qui connait très bien l’entreprise, entouré d’une équipe qui s’agrandit petit à petit et accompagné au début certainement par un « spécialiste » et … bon, j’arrête, je ne vais pas redéfinir ici tout ça, d’autres le font très bien et heureusement qu’ils sont là pour contrebalancer.
    Je pense (j’espère) que ça ne passera pas comme on le voit depuis peu de temps, le net c’est pas la télé. j’espère vraiment … mais j’ai de ces doutes parfois …

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